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TROPILAELAPS, une menace aux portes de l’europe.

TROPILAELAPS, une menace aux portes de l’europe.

Danger sanitaire exotique catégorie 1 — Déclaration obligatoire

Tropilaelaps

Une menace aux portes de l’Europe

Classé Cat. D+E UE — Déclaration obligatoire
Webinaire — À visionner
Tropilaelaps : une menace aux portes de l’Europe
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Absent de France à ce jour, Tropilaelaps est un acarien parasite de l’abeille domestique (Apis mellifera) classé danger sanitaire exotique de 1re catégorie. Son arrivée en Europe n’est plus qu’une question de temps. Plus virulent que le Varroa, il peut détruire une ruche en 2 à 3 mois. Il est impératif de savoir le reconnaître.
1

Localisation mondiale et progression géographique

Originaire d’Asie du Sud-Est, Tropilaelaps étend son aire géographique à grande vitesse vers l’Europe.

Présence confirmée Présence suspectée Signaux périphériques
Russie (Belgorod, Rostov, Omsk) — 2021/2022 Arménie — durcissement régl. déc. 2024 Géorgie / Russie : produits combinés Varroa/Tropi.
Azerbaïdjan oriental — entièrement contaminé Moldavie — fortement soupçonnée Turquie : alerte frontières Est
Ukraine — sud et Crimée infestés Biélorussie — traitements ciblés commercialisés Augmentation du risque d’introduction en Europe occidentale.
Répartition mondiale de Tropilaelaps spp. — Source ANSES
📍 Carte de répartition
Insérer ici la carte ANSES

Répartition mondiale de Tropilaelaps spp.
Source : ANSES — EU Reference Laboratory

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Comment le reconnaître ?

Morphologie

  • Corps allongé (plus long que large)
  • Couleur rouge-brun, taille ≈ 1 mm × 0,5 mm
  • Visible à l’œil nu, mais déplacement très rapide
  • Varroa : forme de crabe (large > long), déplacement lent

Deux espèces pathogènes

  • T. clareae
  • T. mercedesae

Statut UE

Classé Cat. D+E
Déclaration obligatoire à toute détection

Comparaison Varroa destructor vs Tropilaelaps spp.
Varroa destructor Tropilaelaps spp.

Photo : © FERA — Agrandissement microscopique

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Biologie — Pourquoi est-il si dangereux ?

7
Jours par cycle

Cycle reproductif complet en 7 jours. Ponte toutes les 24h (vs 30h pour le Varroa). Reproduction possible dès 48h après l’émergence.

<9
Jours sans couvain

Ne peut pas se nourrir sur les abeilles adultes : dépendance totale au couvain operculé. Un arrêt de ponte de 9 à 12 jours suffit à l’éliminer. Arme plus efficace que contre le Varroa qui survit plusieurs semaines sur les adultes.

Phase
phorétique
Très courte — quasi absente

S’accouple dans la cellule operculée, pas sur les adultes.

Détection plus difficile — alcool wash inefficace

Lutte par arrêt de ponte plus efficace — éliminé en 9–12 jours là où le Varroa survit

4

Signes d’infestation

Symptômes sur les abeilles

  • Abeilles rampantes à l’entrée de la ruche
  • Ailes et pattes déformées, abdomen rétréci
  • Transmission du virus des ailes déformées (DWV)

Symptômes sur le couvain

  • Couvain en mosaïque, opercules perforés
  • Couvain mort, larves parasitées visibles
  • Effondrement de la colonie en moins d’un an
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Détecter Tropilaelaps

Examen du lange / plancher collant

  • Maintenir le plancher grillagé avec un lange graissé
  • Retirer et examiner régulièrement les débris
  • Technique de lavage : tamis fin + alcool à brûler (les acariens flottent à la surface)

Examen du couvain operculé

  • Désoperculer des cellules de faux-bourdons à stade avancé (yeux violets)
  • Passer un peigne sous les opercules et retirer les nymphes
  • Observer les acariens sur les nymphes
⚠ Les méthodes standard de comptage Varroa sont inefficaces pour Tropilaelaps !

Le lavage à l’alcool et le sucre glace ne fonctionnent pas : l’acarien passe très peu de temps sur les abeilles adultes. Le comptage sur lange (planchers collants) reste la méthode de référence.

Stratégie de surveillance préventive

La surveillance régulière du rucher constitue la meilleure défense contre une infestation. Les dégâts ne deviennent visibles qu’après plusieurs semaines — intervenir tôt est décisif.

Inspection visuelle hebdomadaire

  • Retirer délicatement les cadres de couvain et examiner chaque face
  • Rechercher : larves décolorées, opercules percés, abeilles malformées
  • Repérer les acariens à leur déplacement très rapide
  • Photographier les zones suspectes pour suivi et dossier

Piégeage et collecte

  • Lange graissé (24–48h) : recueillir et identifier les débris au microscope
  • Piégeage à l’entrée : mélange cire + attractif sur plateau, analyser quotidiennement
  • L’analyse microscopique des spécimens reste la méthode la plus fiable pour confirmer un cas

⚠ En cas de suspicion — Agir immédiatement

1
Contacter sans délai le guichet unique OMAA au 09 70 70 82 77 Votre TSA, votre vétérinaire ou votre référent apicole sont là pour vous accompagner — ne restez pas seul face à la suspicion.
2
Prélever les acariens suspects — NE PAS les envoyer vivants Congélateur une nuit ou alcool à 70°
3
En coordination avec votre référent apicole, envoyer le prélèvement à l’ANSES Sophia Antipolis dans un flacon hermétique, avec vos coordonnées et la localisation du rucher.
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Moyens de lutte

🔬 Lutte chimique

Acaricides à libération prolongée :

Amitraze Tau-fluvalinate Fluméthrine
  • Acide formique : efficace même en présence de couvain

⚠ Aucun traitement homologué spécifiquement contre Tropilaelaps en France à ce jour.

🌿 Lutte biologique — méthode de choix

Tropilaelaps est plus vulnérable que le Varroa aux arrêts de ponte.
Sans couvain, il meurt en moins de 9 jours — là où le Varroa peut survivre plusieurs semaines sur les adultes. Un simple arrêt de ponte suffit.
Encagement de la reine Essaim artificiel Coupure de couvain
  • Bloquer la ponte 9 à 12 jours : l’acarien meurt faute de couvain operculé
  • Technique plus radicale que contre le Varroa — pas de longue phase phorétique
  • Effet bénéfique également sur Varroa (synergie)