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SHAMONDA-EUROPE, nouvel orthobunyavirus

SHAMONDA-EUROPE, nouvel orthobunyavirus

Veille sanitaire — Bulletin GDS Corse

Shamonda-Europe :

Mise à jour : 17 septembre 2026

GDS Corse rappelle les recommandations de surveillance et de protection des troupeaux détaillées plus bas.

Historique des mises à jour

  • 17/09/2026 : 41 départements français touchés en bovins ; premier cas français de malformations congénitales ovines confirmé dans l’Oise ; identification de deux génotypes européens du virus (SHAV-EU1 et SHAV-EU2).

Que se passe-t-il ?

Depuis le début de l’été 2026, des vétérinaires signalent dans plusieurs élevages de l’est de la France, ainsi qu’en Suisse et en Allemagne, l’apparition d’un syndrome associant diarrhée aiguë, fièvre transitoire, abattement et baisse de la production laitière. Ces signes ont d’abord été repérés en élevage laitier, où la chute de production est un indicateur précoce et facilement mesurable — mais le virus n’est pas propre aux systèmes laitiers : le ministère de l’Agriculture considère les bovins, sans distinction de système d’élevage, comme les hôtes les plus répandus. Les investigations menées par l’École Nationale Vétérinaire de Toulouse (ENVT) ont permis d’identifier un nouvel orthobunyavirus du sérogroupe Simbu — le même groupe que le virus Schmallenberg, bien connu et présent en France depuis 2012. Ce nouveau virus, proche du virus Shamonda déjà décrit en Afrique et en Asie mais présentant des caractéristiques génétiques distinctes, a été provisoirement désigné « Shamonda-like » puis renommé Shamonda-Europe.

Origine du virus

Le virus Shamonda a été détecté pour la première fois au Nigeria au milieu des années 1960. Jusqu’en 2026, il n’avait été signalé que de façon sporadique en Afrique de l’Ouest, de l’Est et australe, ainsi qu’au Japon. Son apparition en Allemagne, en Suisse et en France à l’été 2026 constitue donc une première pour l’Europe — d’où l’appellation « Shamonda-Europe » retenue par le réseau des GDS pour désigner cette souche européenne.

Deux génotypes identifiés en Europe

Le séquençage des souches circulant en Europe a permis de distinguer deux génotypes distincts du virus Shamonda-Europe :

  • Shamonda-Europe 1 (SHAV-EU1) : circule dans la zone France, Suisse et sud de l’Allemagne ;
  • Shamonda-Europe 2 (SHAV-EU2) : circule dans l’ouest de la France, aux Pays-Bas et dans le nord de l’Allemagne.

A ce stade, aucune variation clinique n’a été objectivée entre ces deux génotypes : les signes cliniques et les recommandations aux éleveurs sont identiques quelle que soit la souche en cause.

Situation épidémiologique

La circulation du virus s’est nettement étendue depuis les premiers foyers. Des foyers bovins sont désormais confirmés dans 41 départements français, contre une quinzaine à la fin du mois d’août. La liste des départements touchés est actualisée chaque semaine par la Plateforme d’épidémiosurveillance en santé animale (ESA).

La virémie chez l’adulte est très courte (associée à la phase de fièvre). Les prélèvements sanguins doivent être réalisés très tôt, idéalement au moment du pic de fièvre. Une fois la diarrhée installée ou la fièvre tombée, le virus n’est souvent plus détectable dans le sang.

Au niveau européen, le virus a également été détecté en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas (Frise, Limbourg), en Belgique, en Autriche et au Liechtenstein.

Premier cas ovin confirmé en France

Un premier cas français de malformations congénitales ovines associé au virus Shamonda a été rapporté dans le département de l’Oise. Il se caractérise par la naissance d’agneaux présentant une arthrogrypose (raideur articulaire) et une brachygnathie (raccourcissement de la mâchoire inférieure). L’implication du virus a été confirmée par détection de son génome par PCR sur des prélèvements d’encéphale. Ce cas illustre pour les petits ruminants le même mécanisme de transmission verticale que celui déjà connu chez les bovins et décrit pour le virus Schmallenberg : l’infection de la mère gestante peut entraîner, plusieurs mois plus tard, des malformations chez le nouveau-né.

Signes cliniques à surveiller

Chez les bovins :

  • Diarrhée aiguë
  • Episode de fièvre précoce, généralement bref et transitoire
  • Abattement et/ou baisse d’activité digestive (diminution de la rumination)
  • Baisse parfois importante de la production laitière
  • Avortements, précoces ou tardifs

Chez les ovins et caprins : le risque de malformations congénitales, désormais confirmé en France (arthrogrypose, brachygnathie), concerne directement la Corse, où l’élevage est très majoritairement ovin/caprin. Ce risque touche en particulier les femelles gestantes : avortements et malformations peuvent apparaître plusieurs mois après l’infection, comme cela est décrit pour le virus Schmallenberg.

En cas d’avortement ou de mise bas anormale (agneau raide, mâchoire raccourcie) lors des mises bas de l’automne et de l’hiver, contactez votre vétérinaire.

Transmission

Comme les autres virus du sérogroupe Simbu, Shamonda-Europe se transmet par voie vectorielle, via des moucherons piqueurs du genre Culicoides — les mêmes vecteurs que ceux de la FCO et de la MHE. Il n’existe aucune preuve d’une transmission directe significative d’un animal à l’autre, à l’exception de la transmission verticale de la mère à sa descendance pendant la gestation, désormais documentée chez les bovins comme chez les ovins.

Risque pour l’homme et les consommateurs

A ce jour, comme pour les autres virus du même groupe, rien n’indique que ce virus soit transmissible à l’homme. Aucun danger n’a été identifié pour la consommation de lait ou de viande.

Statut réglementaire

Shamonda-Europe (SHAV) n’est pas une maladie réglementée aux niveaux français, européen ou international : elle n’est pas catégorisée au titre de la législation sur la santé animale de l’Union européenne (LSA) et n’est soumise à aucune mesure officielle de surveillance ou de lutte, y compris auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA). Aucun abattage n’est imposé par la réglementation en cas d’infection.

Nos recommandations aux éleveurs

  • En cas de signes cliniques évocateurs, rapprochez-vous de votre vétérinaire traitant pour un diagnostic différentiel et un traitement symptomatique adapté.
  • Surveillez les femelles gestantes et les naissances dans les mois à venir, chez les bovins comme chez les ovins et caprins.
  • En cas de mise bas anormale (raideur articulaire, malformation de la mâchoire) ou d’avortement, contactez votre vétérinaire.
  • Rappel : la déclaration des avortements reste obligatoire dans le cadre de la surveillance de la brucellose ; c’est aussi l’occasion d’en rechercher l’origine.
  • Protégez les troupeaux contre les moucherons Culicoides : bonne gestion des effluents, des litières et des zones de stockage à proximité des animaux.
  • Maintenez vos animaux en bon état sanitaire général (eau propre, alimentation équilibrée, apports en minéraux et vitamines).
  • Il n’existe à ce jour aucun vaccin disponible contre ce virus.
  • Avant toute opération de désinsectisation, pensez à la protection des ruchers situés à proximité des élevages : certains insecticides présentent un risque pour les colonies d’abeilles.

Fiche pratique éleveurs (GDS France / SNGTV)

Le réseau GDS France et la SNGTV mettent à disposition des éleveurs une fiche synthétique reprenant les signes cliniques, les modalités de transmission, la conduite à tenir et les mesures de prévention. Vous pouvez la consulter ci-dessous ou l’imprimer pour affichage en exploitation.

Fiche éleveurs Shamonda-Europe - page 1 - GDS France / SNGTV Fiche éleveurs Shamonda-Europe - page 2 - GDS France / SNGTV

Source : GDS France / SNGTV — Fiche éleveurs du 14/08/2026

Sources

  • Plateforme ESA — Point d’information au 17/09/2026 (41 départements bovins touchés)
  • Plateforme ESA — Note d’information du 04/08/2026
  • GDS France — Communication Shamonda-Europe, premier cas ovin (Oise)
  • GDS France / SNGTV — Fiche éleveurs Shamonda-Europe du 14/08/2026
  • Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire — fiche Cas d’infections de vaches laitières par un orthobunyavirus
  • Friedrich-Loeffler-Institut, OSAV, OMSA — fiche technique Schmallenberg

GDS Corse assure une veille active sur ce dossier en lien avec la Plateforme ESA, GDS France, le réseau GTV Corse et la DRAAF/SRAL. Cet article sera mis à jour en fonction de l’évolution de la situation sur le territoire insulaire.